Espérance et gratitude - Un chemin essentiel vers Dieu

Liée à la gratitude, l’espérance nous apprend à voir autrement, à reconnaître dans chaque instant, aussi humble soit-il, une trace de la grâce à l’œuvre. Remercier avant même de recevoir, c’est déjà espérer. C’est comprendre que chaque épreuve porte en elle une fécondité cachée, que chaque détour de la vie participe d’un dessein plus vaste. Et c’est dans cet abandon confiant que naît l’émerveillement : celui d’un cœur qui sait s’étonner devant la beauté des moindres signes, qui perçoit, à travers les ombres, la promesse d’une lumière en germe. Ainsi, espérance, gratitude et émerveillement se répondent et s’entrelacent, nous ouvrant à la certitude que rien n’est vain pour celui qui garde son regard tourné vers la lumière.

 

Qu’est ce que l’espérance ? 

L’espérance se distingue de l’espoir dans le sens où l’espoir consiste à attendre et à désirer un avenir meilleur. L’espérance, quant à elle, est une confiance profonde et désintéressée en l’avenir. 

Elle est une vertu théologale et comme une voix discrète à l’intérieur de nous, qui murmure que rien n’est jamais définitivement perdu. Elle nous invite à poser un regard différent sur la vie et ses épreuves, non comme des obstacles insurmontables, mais comme les prémices d’une promesse encore invisible

Dans la Bible, elle se définit de plusieurs manières. Dans Romains 8.24-25 ou Hébreux 11.1, 7, elle est comme la ferme assurance de choses à venir qui nous sont encore inconnues et invisibles. Elle se mêle avec salut dans Galates 5, 5 et est intimement liée à la présence du Saint Esprit promis par le Christ dans Romains 8, 24-25. Elle est à la fois ce qui nous permet de persévérer dans la souffrance et l’adversité (1 Thessaloniciens 1-3 et Hébreux 6,11) et le fruit de notre persévérance (Romains 5, 2-5). Les promesses de Dieu nous remplissent de l’espérance (Hébreux 6, 18-19) qui nous rend courageux dans la foi (2 Corinthiens 3-12).   

Selon le Catéchisme de l’Eglise catholique, la vertu d’espérance répond à l’aspiration au bonheur placée par Dieu dans le cœur de tout homme. Elle assume les espoirs qui inspirent les activités des hommes et les purifie pour les ordonner au Royaume des cieux.

Les bienfaits de l’espérance

C’est grâce à l’'espérance que se produit en nous la joie et la paix, par la puissance du Saint-Esprit (Romains 12.12, 15.13). 

Vivre dans l’espérance, c’est accueillir l’angoisse sans s’y laisser enfermer, car la joie en nous demeure. L’espérance est aussi l’assurance de la vie éternelle

L’espérance est une force en mouvement, une dynamique qui nous élève et nous empêche de céder au découragement. Elle nous met en marche, nous porte au-delà des doutes et des épreuves. Nourrie par la foi, elle en devient à son tour le souffle vivifiant. Ainsi, espérance, foi, confiance et amour de Dieu s’entrelacent, nous ouvrant un chemin toujours plus vaste. Dans cette certitude paisible, nous avançons, confiants que toute route, même sinueuse, nous ramène inlassablement vers le Père.

Elle est aussi une voie vers la vérité : “L'espérance est une vertu héroïque. On croit qu'il est facile d'espérer. Mais n'espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu'ils prenaient faussement pour de l'espérance”, nous dit Georges Bernanos. De nombreux saints ont défini l’espérance selon leurs propres termes. Rappelons notamment les mots de St Jean de la Croix qui mêlent étroitement l’espérance et l’union à Dieu

Comment cultiver l’espérance ?

Les numéros 32 à 48 de l’encyclique Spe Salvi de Benoît XVI insistent sur des “lieux” d’apprentissage et d’exercice de l’espérance : 

Le premier est la prière, véritable école de l’espérance, par laquelle « l’homme ne devient pas libre seulement pour Dieu, mais il s’ouvre aussi aux autres. » Elle est ce souffle qui élève et transforme, reliant l’âme à l’infini de l’amour divin.

Vient ensuite l’action, qui incarne l’espérance en acte : « Tout agir sérieux et droit de l’homme est espérance en acte. » Même la souffrance, loin d’être une impasse, peut devenir un chemin de grâce. Le pape cite à ce titre le témoignage bouleversant du martyr vietnamien Paul Le-Bao-Tinh, mort en 1857 : « Par la grâce de Dieu, au milieu de ces supplices qui ont coutume d’attrister les autres, je suis rempli de gaieté et de joie, parce que je ne suis pas seul, mais le Christ est avec moi. »

Voici également des conseils pratiques pour cultiver l’espérance : 

  • commencer sa journée avec des encouragements.

Les mots ont une puissance insoupçonnée, et les premières paroles de la journée influencent notre regard sur le temps à venir. Pour les catholiques, un verset biblique, une prière ou une pensée d’un saint peuvent illuminer l’instant présent. En les méditant dès le matin, que ce soit lors d’un moment de prière ou autour d’un café, ils deviennent un souffle d’espérance, rappelant que chaque jour est un don, porteur de grâce et de renouveau. Ainsi, on peut écrire des versets pleins d'espérance sur des post-its dans des endroits visibles où ils seront vus toute la journée. 

  • se rappeler son propre chemin d’espérance

L’espérance grandit à travers des actions, même modestes, qui nous rapprochent de nos aspirations. Elle ne réside pas dans de grands gestes, mais dans une avancée constante et déterminée. Qu’il s’agisse de développement personnel, d’engagement communautaire ou de cheminement spirituel, chaque effort nourrit cette dynamique. Même une simple résolution peut devenir un fil conducteur sur cette route d’espérance. On peut ainsi rédiger une résolution chaque soir pour le lendemain, chaque dimanche pour la semaine, ou à n’importe quelle fréquence. 

  • remarquer les signes d’espérance

Nos contemporains s’attardent souvent sur ce qui manque ou fait défaut, oubliant les petites bénédictions qui jalonnent leur quotidien. Pourtant, ces « signes d’espérance » sont partout : un rire d’enfant, une fleur qui s’épanouit, un mot bienveillant. Pour les catholiques, ils sont les « empreintes de Dieu », des éclats discrets de son amour et de sa présence dans le monde. On peut ainsi s’exercer à tenir un journal de gratitude

  • s’ancrer en Dieu

Au cœur de l’existence, l’espérance a besoin d’une ancre, un point d’appui solide qui maintient le cap lorsque les tempêtes de la vie se lèvent. Pour les catholiques, cette ancre repose sur la certitude de l’amour et de la providence de Dieu, qui est un soutien indéfectible. S’ancrer dans l’espérance, c’est revenir sans cesse à cette vérité. Il s’agit alors de créer une sorte d’ ”ancre d’espérance” qui nous est propre à travers un rituel, une prière, une méditation ou simplement l’eucharistie ou l’adoration, afin de nourrir sa confiance en l’amour fidèle de Dieu.  

 

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La méditation chrétienne s’ancre dans une tradition pluriséculaire, où l’on contemple la Parole de Dieu et les enseignements des courants spirituels qui ont façonné l’histoire de la foi. L’application Meditatio vous invite à redécouvrir cette richesse à travers divers parcours, mêlant sagesse ancestrale et approches contemporaines, comme le programme intitulé. “Découvrir la puissance de la gratitude”, qui vous aidera à trouver un bon équilibre émotionnel dans votre quotidien.   

  1. https://www.gotquestions.org/Francais/esperance-Bible.html
  2. https://www.la-croix.com/Definitions/Lexique/Esperance/Qu-est-ce-que-l-esperance
  3. https://www.catholique78.fr/2020/10/21/lesperance/

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